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  • : le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 23:04

 

Je roulais dans l’arrière-pays, au crépuscule. Je traversais des champs roussis de lumière, sur des chemins bordés de haies. Je pénétrais dans des bois sombres, aux arbres, chênes, hêtres, centenaires. Un hibou s’envolait. Je souhaitais descendre vers la Côte de grâce. Je souhaitais saisir encore un peu du bleu désiré de la mer. Je me perdais. Bois et campagnes se refermaient comme un piège. Dans les trouées, je guettais la puissance des rayons obliques du soleil, qui déclinait. A la sortie d’une travée encore plus sombre, je constate que les ombres portées par les champs moissonnés sont étirées à la limite de l’horizon. Le soleil se couche, le soleil est en train de disparaître. Alors, je renonce. Il est trop tard. Un petit panneau de bois blanc que j’aperçois à peine m’indique enfin la direction de la côte. Je sais que c’est inutile. Je ne verrai plus, pas aujourd’hui, pas ce soir, la transparence bleue du ciel et de la mer. Si je suis ce panneau que je cherchais depuis le début de ma promenade, je ne devinerai qu’une masse déjà obscurcie, inquiétante, hostile. Je m’abandonne enfin aux charmes de l’arrière-pays. Un moulin, une chaumière, une paisible église romane, une grange dans laquelle je pourrais dormir. La nuit tombe. Je vais rentrer, phares allumés, en prenant un étroit chemin de traverse. Je frôle un talus, évite un lapin, effectue quelques virages dans une sorte de forêt de Brocéliande. Merlin, sans doute, me guide, car j’aperçois soudain des sortes de reflets, des taches de couleurs claires qui clignotent entre des paquets noirs. Je ne sais plus, pas, où je suis. Mon véhicule dégringole une pente. Je ralentis, je freine, je désire voir, comprendre, recomposer le tableau, la scène. Libéré du toit des arbres, le ciel s’est ouvert, limpide, bleu transparent, fuschia, turquoise. Sous moi, à droite de la route, entre les feuilles des arbres qui la bordent, Honfleur, qui miroite. Je descends jusqu’au port. J’admire.

 

 

 

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