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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 01:37

LEMONDE | 17.12.11 | 14h04

 

par Fabienne DARGE

 

 

On n'en voit plus beaucoup en Europe aujourd'hui des spectacles comme celui-ci : El Tiempo todo entero ("Le Temps tout entier"), qu'il faut se dépêcher d'aller voir au Théâtre du Rond-Point d'ici au 24 décembre, raconte une histoire (pas si) simple et universelle. Mais il le fait avec une délicatesse et une justesse de sentiments rares, qui vous laissent, à la fin de la représentation, touché au coeur.

 

On doit ce moment de grâce à une jeune Argentine de 32 ans, Romina Paula, que l'on découvre grâce au Festival d'automne, où elle est la dernière (par ordre chronologique) des artistes de la "génération théâtre indépendant" de Buenos Aires à être programmée.

 

Auteure, metteuse en scène et comédienne, elle a fondé sa compagnie, El Silencio, en 2006, et créé un premier spectacle avant celui-ci qui, depuis février 2010, rencontre un succès qui ne se dément pas dans la capitale argentine.

 

Au départ, Romina Paula voulait monter La Ménagerie de verre, de Tennessee Williams, mais les droits étaient trop chers pour elle. Tant mieux. La pièce qu'elle a écrite d'après l'original ne garde que le meilleur de l'auteur américain : la fragilité, l'humanité des personnages, sans la lourdeur psychologique et l'hystérie qui l'accompagnent souvent. L'anti-Tramway version Warlikowski, en quelque sorte.

 

C'est comme si Romina Paula inventait le mélodrame en apesanteur, dans ce spectacle qui transpose les personnages de La Ménagerie dans l'Argentine d'aujourd'hui : la mère, Ursula, le fils, Lorenzo, la fille, Antonia, et l'ami, Maximiliano. Mais la jeune femme, qui maîtrise l'art du temps et du silence de manière quasi musicale, fait d'Antonia le coeur vibrant de sa pièce, et crée avec elle un personnage bouleversant.

 

Elle est assez loin, cette Antonia, de la Laura glissant vers la folie de Tennessee Williams. Elle serait plutôt la petite soeur du Bartleby d'Hermann Melville, dans sa volonté tranquille et inébranlable de rester en marge d'un monde aux agitations vaines. De garder "el tiempo todo entero", le temps tout entier, pour ce qui à ses yeux en vaut vraiment la peine.

 

Alors Antonia reste chez elle, ne sortant jamais de l'espace qu'elle partage avec sa mère et son frère (qui lui est plongé dans Moby Dick, du même Melville). Un espace comme une cage, où Romina Paula, en un subtil décalage des codes du huis clos, dévoile peu à peu les méandres de l'amour fusionnel et de l'abandon, de la douleur et du désir de vivre, malgré tout. On ne comprend qu'au bout d'un moment que la mère, Ursula, a quitté l'Argentine pour le Mexique, quand ses enfants étaient petits, pour fuir la dictature : Romina Paula compose par multiples petites touches.

 

Si vibrant, si drôle, aussi, El Tiempo l'est grâce à des acteurs exceptionnels : Esteban Bigliardi (Lorenzo), Esteban Lamothe (Maximiliano), Susana Pampin (Ursula), et Pilar Gamboa, une Antonia que l'on n'oubliera pas.

 

___________________________________________________________________________________________________

 

Festival d'automne. El Tiempo todo entero (Le Temps tout entier), texte et mise en scène de Romina Paula. Théâtre du Rond-Point, 2 bis, avenue Franklin-Roosevelt, Paris 8e. Mo Franklin-Roosevelt. Tél. : 01-44-95-98-21. A 18 h 30 (sauf lundi) jusqu'au 24 décembre. De 10€ à 29 €. Durée : 1 h 30. En espagnol-argentin surtitré.

 

 

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