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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 23:06

La Grande Régression se déploie à un moment donné (années 1980) d’une longue histoire qui oppose la pulsion dominatrice du capital à la résistance des autres acteurs de la société: le moment où toutes les digues qui contenaient le pouvoir de l’argent se sont affaissées. Jusqu’alors, le capitalisme avait dû s’adapter aux résistances de la société; désormais, c’est la société qui doit s’adapter aux exigences des gestionnaires de capitaux. Cette inversion du rapport dialectique entre capitalisme et société est l’essence de la Grande Régression.

 

Nous verrons aussi qu’il s’agit là d’un processus politique organisé et non d’une fatalité historique indépendante de la volonté des gouvernements. Il faudra donc déconstruire deux mythes complémentaires qui structurent aujourd’hui la croyance commune: la « disparition des marges de manœuvre nationales dans un monde globalisé » et la « nécessité de retenir et d’attirer les riches sur nos territoires ».

 

Durant les trois premières décennies de la régression néolibérale, le rôle et le poids des États ont en réalité progressé. L’État-nation n’a pas reculé, il a été privatisé, il a mobilisé sa puissance au service d’intérêts privés. En fait, ce n’est pas l’intensification « naturelle » de la compétition mondiale qui a contraint les nations aux mêmes politiques néolibérales ; ce sont, au contraire, ces politiques qui ont installé la compétition généralisée pour briser les résistances et les digues qui réprimaient jusqu’alors le pouvoir du capital. La vague de fond enfouie sous l’écume des crises est la victoire d’une stratégie de guerre sociale qui a livré la société tout entière aux pulsions prédatrices d’une minorité de gagnants.

 

Les effets de cette vague qui déferle encore jusqu’à nos jours sont analysés dans les chapitres 3 et 4. Nous ne sommes pas confrontés à « une crise », mais à une multitude de désastres affectant toutes les dimensions de la vie des sociétés et des êtres humains: l’économie, la finance, les écosystèmes, les rapports sociaux, la politique, la santé, l’équilibre psychique, la morale, les relations internationales… L’impressionnante conjonction de tous ces dérèglements n’est pas une coïncidence: ils font système, ils participent d’une sorte de marche arrière générale de la civilisation moderne.

 

Jacques Généreux, La Grande Régression, p.42-44 

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