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  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 00:06

        Discours de Ségolène Royal sur la crise financière et économique prononcé à Parempuyre

        le 15 octobre 2008

 

Le monde ne va pas dans la bonne direction : destruction de la planète, inégalités Nord-Sud, creusement des inégalités à l’intérieur même des pays riches.

 

Songez qu’en France, 40% des clients des Restaurants du Coeur sont des salariés. Songez que le nombre des travailleurs précaires et des salariés pauvres a, en trois ans, augmenté d’un tiers.

 

Non, le monde ne va pas dans la bonne direction quand on voit, de l’autre côté, les richesses considérables qui s’accumulent.


Voilà pourquoi je pense qu’il faut rectifier très rapidement la trajectoire.


Voilà pourquoi la crise peut être salutaire si elle nous permet de corriger cette trajectoire.

 

Alors, quel nouveau modèle voulons-nous bâtir ensemble ?


D’abord, je crois qu’il faut remettre les choses dans le bon ordre.


Qu’est-ce que le bon ordre ?


C’est la finance au service de l’économie productive et non pas au service d’elle-même. C’est l’économie productive au service de l’épanouissement des hommes et des femmes qui travaillent dans les entreprises, au service de l’emploi, des salaires, c’est à dire de l’humain, et non pas seulement au service du profit. C’est une juste répartition entre le capital, le travail et la protection de l’environnement.


Voilà le bon ordre des choses.

 

Ensuite, je pense qu’il faut retrouver nos bases.


Quelles sont nos bases ?


Nos bases, c’est de croire que la richesse des pays, la richesse des nations, se bâtit durablement non par une fuite en avant vers le crédit (j’y reviendrai pour expliquer la crise américaine) mais en donnant à chacun la possibilité de progresser par l’effort, par l’éducation, par un travail bien rémunéré parce que bien qualifié et par la garantie de protections collectives solides.

 

Or c’est tout le contraire du système aujourd’hui en faillite.


Car ce système en faillite a fait croire que la liberté ou l’émancipation ou le progrès venait du crédit et de l’endettement.


C’est pourquoi je voudrais prendre un peu de temps pour vous expliquer en quelques mots cette crise du crédit américain, les fameuses « subprimes » (comme par hasard, on utilise toujours des mots compliqués…).

 

Cela s’est passé l’année dernière. Donc, quand les banquiers français et les dirigeants français nous disent qu’ils n’avaient rien vu et rien prévu, ce n’est pas possible.


Je crois, moi, que si les citoyens étaient mieux informés et exigeaient de comprendre les choses, ils feraient pression sur les dirigeants et leur diraient : attendez ! Il y a là quelque chose qui ne va pas, il faudrait peut-être réagir un peu plus vite !

 

Parce qu’il a fallu aussi la complicité des banques européennes pour expliquer ces faillites.

 

Alors, que s’est-il passé aux Etats-Unis ?


Comme c’est un système libéral, sans règles, sans salaire minimum, où les salaires sont assez bas, l’administration Bush a dit ceci : puisque les salaires sont bas mais qu’il faut quand même que les gens consomment et qu’ils puissent acheter des maisons pour que l’économie ne tourne pas au ralenti, eh bien, on va développer le crédit. « Empruntez, empruntez, empruntez ! » leur a-t-on dit. Et ils ont mis en place le crédit hypothécaire.

 

Qu’est-ce que le crédit hypothécaire ?


C’est très simple. On a ça aussi en France même si c’est un peu mieux réglementé.


Les prêts hypothécaires sont des prêts qui ne sont pas calculés sur les salaires ou les revenus des gens, parce qu’ils sont trop faibles, mais sur la valeur de leur maison. Les banques se sont dit : on peut y aller, on peut prêter puisque, de toute façon, si les gens n’arrivent pas à rembourser, on prend la maison, on la vend et on fait un bénéfice. On met les gens dehors et on peut même leur relouer la maison, avec un double bénéfice.


Le système était tellement juteux que les banques ont pu revendre ces prêts à d’autres organismes financiers. Ces prêts étaient tellement juteux qu’ils ont même été transformés en actions, figurez-vous, en titres négociés en Bourse. Et ça a prêté, ça a prêté, ça a prêté à des familles qui n’avaient manifestement pas les moyens de rembourser ces emprunts.

 

Quand l’économie a ralenti, quand les gens ont perdu leur emploi, les prêts ont été de moins en moins remboursés. Ces prêts hypothécaires sont alors devenus de moins en moins juteux pour les banques qui ont commencé à paniquer. Les entreprises n’augmentaient pas les salaires et l’administration Bush leur disait : soyez compétitives, pas besoin d’augmenter les salaires puisque les gens ont des crédits et peuvent donc consommer.


Seulement voilà : quand de plus en plus d’Américains n’ont plus pu rembourser leur maison, que s’est-il passé ? Le prix des maisons a baissé et les prêts sont devenus de moins en moins rentables. Les banques et les organismes financiers ont alors cherché à se débarrasser de ces prêts qu’on a ensuite appelés « créances douteuses » ou « crédits toxiques ». Le marché immobilier s’est effondré, le prix des maisons est devenu de moins en moins cher puisque les gens n’arrivaient plus à rembourser.

 

Eh bien, c’est ce système-là qui a entraîné les faillites bancaires.


C’est très important de comprendre qu’à l’origine, il y a un système qui, en pressurant les salaires et en poussant les gens vers la société de consommation en les endettant avec ces fameux prêts hypothécaires, a fini par provoquer la faillite des banques américaines.

 

Et ça a contaminé les banques françaises, les banques irlandaises qui sont très liées aux banques américaines, les banques européennes. Plus les pays étaient liés au système bancaire américain, plus les banques ont été mises en difficulté. Voilà ce qui s’est passé. Voilà, aussi incroyable que cela puisse paraître, quelle est l’origine de la crise financière actuelle...

 

Pourquoi personne n’a rien dit ?


Parce que, dans un système du capitalisme financier devenu fou, personne ne veut faire le premier pas. Il n’y a pas une banque qui dit à un moment : moi, je vais m’arrêter parce que tout le monde va dans le mur.


Et pourquoi aucune banque ne fait-elle le premier pas ?


Parce qu’elle ne veut pas que la banque concurrente gagne plus d’argent qu’elle.

 

Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que dans un système où il n’y a plus d’autorité, où plus personne ne met de règles, où plus personne ne contrôle, personne ne dit : ça suffit, maintenant vous arrêtez !


Dans ce système, on compte seulement sur ce qu’on appelle la discipline collective ou "l’auto-régulationné" qui ne marche pas puisque la loi de l’argent et la loi du profit maximal empêchent qu’à un moment, quelqu’un dise, avec un réflexe moral : il faut arrêter parce que ça va ruiner des millions de petits épargnants.


Voilà la source, la raison et l’explication de cette crise.


Pourquoi est-ce si important de le comprendre ?


Parce que ce sont ces ressorts profonds qu’il faut changer...

 

 

    Lire l'intégralité ici: link

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