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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:22

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 15:06

    Discours de Ségolène Royal sur la crise financière et économique prononcé à Parempuyre

    le 15 octobre 2008 (suite)

 

 

Mais il est aussi indispensable de juguler la récession et de relancer la croissance. Je veux le dire ici : ce qui est possible, en termes de mobilisation et de moyens financiers réunis, pour juguler la crise financière, nous devons demander que ce soit aussi possible pour relancer la croissance économique et l’emploi.

 

Car elle est là la nouvelle civilisation européenne qui fera repartir l’ascenseur social : dans la satisfaction des besoins des hommes et des femmes, dans la formation professionnelle, tout ce qui fait la dimension humaine et tout ce qui permet à un pays de progresser, de créer, de construire, de développer les entreprises, d’améliorer le système scolaire.

 

C’est là que l’on doit investir, en particulier dans les immenses chantiers du développement écologique. Ils sont immenses, ces chantiers ! Il y a là un potentiel considérable avec, comme nous le disions tout à l’heure à l’usine, tous les enjeux sur le véhicule propre.

 

C’est bien évidemment cela qu’il faut prendre à bras le corps. Quand on verra tous les chefs d’Etat et de gouvernement d’Europe prendre ces sujets à bras le corps et mettre sur la table autant de moyens financiers qu’ils en ont mis pour régler la crise financière, alors on saura enfin que l’Europe existe, on saura enfin que la civilisation européenne existe.

 

Je vous disais tout à l’heure qu’au fond, cette crise est l’occasion de réfléchir au modèle de société que nous voulons. Eh bien regardez : on le touche ici du doigt. Pourquoi faudrait-il que les besoins élémentaires des hommes et des femmes et tout ce qui permet le progrès humain ne soient pas rentables économiquement ? Mais si, cela peut être rentable ! Si l’on organise l’économie en fonction des besoins humains...

 

Mais la crise financière détourne les flux d’argent vers autre chose que la satisfaction de ces besoins considérables, qui permettrait de faire progresser l’humanité.

 

Elles existent bien, ces masses financières. Il faut donc une autorité publique nationale, européenne et internationale qui ait le courage politique et la force politique, appuyée sur la volonté des citoyens, de dire : les flux financiers vont aller vers ces filières de développement économique.

 

C’est ainsi que la croissance repartira, que des emplois seront créés, que le pouvoir d’achat augmentera. Vous voyez qu’un nouvel ordre économique est possible. Un nouvel ordre économique tout simplement au service de l’être humain et au service de la protection de la planète.

 

C’est pourquoi je voudrais vous dire qu’il y a toutes les raisons d’être inquiets si l’on continue à se fier à un modèle financier à bout de souffle. Mais il y a aussi toutes les raisons d’espérer. Moi, je ne veux pas que les citoyens désespèrent. Je veux que l’action politique serve à quelque chose. Je veux que les citoyens pèsent pour que ce nouveau modèle de société se réalise.


Même si, aujourd’hui, nous ne sommes pas aux responsabilités à l’échelle nationale, nous le sommes sur de nombreux territoires et nous pouvons aussi faciliter l’émergence de ce nouveau modèle par une opposition très pressante, très précise, exigeante, en appui sur les citoyens.

 

Si l’on croit que l’histoire – moi, je le crois – nous donne rendez-vous une nouvelle fois pour faire émerger ce qu’il y a de meilleur dans l’économie, c’est à dire la satisfaction des besoins élémentaires, au premier rang desquels l’éducation, la formation et la sauvegarde de la planète, alors, j’en suis convaincue, chacun trouvera sa place dans ce nouvel ordre qui va additionner les chances plutôt que gâcher les richesses et les talents.


Voilà pourquoi ce sera un ordre juste.


Un ordre économique, social, écologique juste et efficace...

 

Elargissons notre vision : nous voyons alors que le principal danger qui se profile si l’on ne remet pas les choses à l’endroit et dans le bon ordre que j’évoquais tout à l’heure, c’est la guerre économique.

 

Que se passe-t-il, dans une guerre économique ? Il y a la montée des violences. Il y a la montée du chacun pour soi. Il y a la montée de la peur de l’autre. Il y a la montée du désespoir, du rejet de la politique, du gouffre entre, d’un côté, les puissants et les politiques et, de l’autre, le peuple. On sait à quoi cela mène : à la montée des régimes totalitaires, à l’intégrisme, aux terrorismes.


Personne ne pourra dire que l’on ne savait pas. Personne !

 

On sait, on voit ce qui se passe. On sait qu’il faut réformer radicalement la trajectoire que prend aujourd’hui l’économie et la trajectoire que prend aujourd’hui la planète. On le sait !

 

Et on a les moyens de modifier cette trajectoire pour peu qu’on change le rapport de force entre, d’une part, le petit nombre de ceux qui profitent du système (tous les dirigeants des banques ont bénéficié du bouclier fiscal, tous, et cela aussi il ne faudra pas l’oublier) et, d’autre part, tous les autres, les plus nombreux.

 

Personne ne pourra donc dire que l’on ne savait pas.

 

Alors, j’ai envie de vous dire : bougeons-nous ! Bougeons-nous !


Pour que nos enfants et les générations qui viennent ne puissent pas dire : mais comment, ils n’ont rien vu venir ? Ou, pire encore : ils ont vu venir et ils n’ont rien fait. Je ne veux pas de cela ! Nous ne voulons pas de cela parce que, oui, nous voyons les choses venir. Oui, nous avons parfaitement identifié ce qui ne va pas. Oui, nous savons parfaitement comment il faut changer les choses...

 

Lire l'intégralité ici: link

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 00:06

        Discours de Ségolène Royal sur la crise financière et économique prononcé à Parempuyre

        le 15 octobre 2008

 

Le monde ne va pas dans la bonne direction : destruction de la planète, inégalités Nord-Sud, creusement des inégalités à l’intérieur même des pays riches.

 

Songez qu’en France, 40% des clients des Restaurants du Coeur sont des salariés. Songez que le nombre des travailleurs précaires et des salariés pauvres a, en trois ans, augmenté d’un tiers.

 

Non, le monde ne va pas dans la bonne direction quand on voit, de l’autre côté, les richesses considérables qui s’accumulent.


Voilà pourquoi je pense qu’il faut rectifier très rapidement la trajectoire.


Voilà pourquoi la crise peut être salutaire si elle nous permet de corriger cette trajectoire.

 

Alors, quel nouveau modèle voulons-nous bâtir ensemble ?


D’abord, je crois qu’il faut remettre les choses dans le bon ordre.


Qu’est-ce que le bon ordre ?


C’est la finance au service de l’économie productive et non pas au service d’elle-même. C’est l’économie productive au service de l’épanouissement des hommes et des femmes qui travaillent dans les entreprises, au service de l’emploi, des salaires, c’est à dire de l’humain, et non pas seulement au service du profit. C’est une juste répartition entre le capital, le travail et la protection de l’environnement.


Voilà le bon ordre des choses.

 

Ensuite, je pense qu’il faut retrouver nos bases.


Quelles sont nos bases ?


Nos bases, c’est de croire que la richesse des pays, la richesse des nations, se bâtit durablement non par une fuite en avant vers le crédit (j’y reviendrai pour expliquer la crise américaine) mais en donnant à chacun la possibilité de progresser par l’effort, par l’éducation, par un travail bien rémunéré parce que bien qualifié et par la garantie de protections collectives solides.

 

Or c’est tout le contraire du système aujourd’hui en faillite.


Car ce système en faillite a fait croire que la liberté ou l’émancipation ou le progrès venait du crédit et de l’endettement.


C’est pourquoi je voudrais prendre un peu de temps pour vous expliquer en quelques mots cette crise du crédit américain, les fameuses « subprimes » (comme par hasard, on utilise toujours des mots compliqués…).

 

Cela s’est passé l’année dernière. Donc, quand les banquiers français et les dirigeants français nous disent qu’ils n’avaient rien vu et rien prévu, ce n’est pas possible.


Je crois, moi, que si les citoyens étaient mieux informés et exigeaient de comprendre les choses, ils feraient pression sur les dirigeants et leur diraient : attendez ! Il y a là quelque chose qui ne va pas, il faudrait peut-être réagir un peu plus vite !

 

Parce qu’il a fallu aussi la complicité des banques européennes pour expliquer ces faillites.

 

Alors, que s’est-il passé aux Etats-Unis ?


Comme c’est un système libéral, sans règles, sans salaire minimum, où les salaires sont assez bas, l’administration Bush a dit ceci : puisque les salaires sont bas mais qu’il faut quand même que les gens consomment et qu’ils puissent acheter des maisons pour que l’économie ne tourne pas au ralenti, eh bien, on va développer le crédit. « Empruntez, empruntez, empruntez ! » leur a-t-on dit. Et ils ont mis en place le crédit hypothécaire.

 

Qu’est-ce que le crédit hypothécaire ?


C’est très simple. On a ça aussi en France même si c’est un peu mieux réglementé.


Les prêts hypothécaires sont des prêts qui ne sont pas calculés sur les salaires ou les revenus des gens, parce qu’ils sont trop faibles, mais sur la valeur de leur maison. Les banques se sont dit : on peut y aller, on peut prêter puisque, de toute façon, si les gens n’arrivent pas à rembourser, on prend la maison, on la vend et on fait un bénéfice. On met les gens dehors et on peut même leur relouer la maison, avec un double bénéfice.


Le système était tellement juteux que les banques ont pu revendre ces prêts à d’autres organismes financiers. Ces prêts étaient tellement juteux qu’ils ont même été transformés en actions, figurez-vous, en titres négociés en Bourse. Et ça a prêté, ça a prêté, ça a prêté à des familles qui n’avaient manifestement pas les moyens de rembourser ces emprunts.

 

Quand l’économie a ralenti, quand les gens ont perdu leur emploi, les prêts ont été de moins en moins remboursés. Ces prêts hypothécaires sont alors devenus de moins en moins juteux pour les banques qui ont commencé à paniquer. Les entreprises n’augmentaient pas les salaires et l’administration Bush leur disait : soyez compétitives, pas besoin d’augmenter les salaires puisque les gens ont des crédits et peuvent donc consommer.


Seulement voilà : quand de plus en plus d’Américains n’ont plus pu rembourser leur maison, que s’est-il passé ? Le prix des maisons a baissé et les prêts sont devenus de moins en moins rentables. Les banques et les organismes financiers ont alors cherché à se débarrasser de ces prêts qu’on a ensuite appelés « créances douteuses » ou « crédits toxiques ». Le marché immobilier s’est effondré, le prix des maisons est devenu de moins en moins cher puisque les gens n’arrivaient plus à rembourser.

 

Eh bien, c’est ce système-là qui a entraîné les faillites bancaires.


C’est très important de comprendre qu’à l’origine, il y a un système qui, en pressurant les salaires et en poussant les gens vers la société de consommation en les endettant avec ces fameux prêts hypothécaires, a fini par provoquer la faillite des banques américaines.

 

Et ça a contaminé les banques françaises, les banques irlandaises qui sont très liées aux banques américaines, les banques européennes. Plus les pays étaient liés au système bancaire américain, plus les banques ont été mises en difficulté. Voilà ce qui s’est passé. Voilà, aussi incroyable que cela puisse paraître, quelle est l’origine de la crise financière actuelle...

 

Pourquoi personne n’a rien dit ?


Parce que, dans un système du capitalisme financier devenu fou, personne ne veut faire le premier pas. Il n’y a pas une banque qui dit à un moment : moi, je vais m’arrêter parce que tout le monde va dans le mur.


Et pourquoi aucune banque ne fait-elle le premier pas ?


Parce qu’elle ne veut pas que la banque concurrente gagne plus d’argent qu’elle.

 

Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que dans un système où il n’y a plus d’autorité, où plus personne ne met de règles, où plus personne ne contrôle, personne ne dit : ça suffit, maintenant vous arrêtez !


Dans ce système, on compte seulement sur ce qu’on appelle la discipline collective ou "l’auto-régulationné" qui ne marche pas puisque la loi de l’argent et la loi du profit maximal empêchent qu’à un moment, quelqu’un dise, avec un réflexe moral : il faut arrêter parce que ça va ruiner des millions de petits épargnants.


Voilà la source, la raison et l’explication de cette crise.


Pourquoi est-ce si important de le comprendre ?


Parce que ce sont ces ressorts profonds qu’il faut changer...

 

 

    Lire l'intégralité ici: link

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 00:06

Le Directeur du Centre de Retenue Provisoire me parlait. Derrière le dossier de son fauteuil, au-dessus de sa tête, une gravure représentait des vagues d'oiseaux blancs qui devenaient noirs, ou l'inverse. J'essayais de suivre leur trajet. Le cadre emprisonnait mon regard. Les formes mouvantes avançaient en s'effaçant comme de la craie. Elles laissaient apparaître le fond du tableau. Des réflexions vertigineuses m'entraînaient dans une sorte de gouffre. Les formes butaient contre un bord, réapparaissaient de l'autre côté. Blanches, noires. Noires, blanches. Indéfiniment. Leur mobilité était capturée. Je ressentais un étrange malaise. Le Directeur me parlait, je ne parvenais pas à l'écouter. Dans le bruit confus de ses phrases, je discernais seulement parfois des mots qui s'échappaient comme des bulles. "Ton père", "ta mère", "ton frère", "disparus", "cas", "placement", "retour", "où", "ou bien", "pour ton bien", "rien", "sage", "pays", "paysage"...

 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 00:06

 Contre le discours dominant sur la dette publique

 

 par Geneviève Azam, Etienne Balibar, Thomas Coutrot, Dominique Méda, Yves Sintomer

 

 LEMONDE | 13.01.12 | 13h13 • Mis à jour le 13.01.12 | 13h14

 

Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, "vit depuis plus de trente ans à crédit". L'enjeu pour la gauche serait seulement de "donner du sens à la rigueur" en attendant de "relancer la croissance".  

 

Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur "La dépense publique et son évolution", publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à... 52,9 % dans les années 2000.

Si les déficits et la dette ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d'euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme, pas des assurés sociaux ni des citoyens.

 

Deux narrations aussi contradictoires de l'histoire de la dette publique déterminent deux réponses antagoniques. Selon l'histoire officielle, une cure sévère d'amaigrissement budgétaire s'impose, sans débat autre que sur les modalités, pour que la France restaure ses finances publiques et que ses entreprises redeviennent compétitives. Dans la narration alternative, à l'inverse, la clé de la situation réside dans une réforme fiscale redistributive, couplée à une cure amaigrissante et une mise sous tutelle... du secteur financier.

 

En outre, la réforme fiscale, qui permet de réduire le déficit courant, n'épongera pas la dette : les intérêts versés en 2011 aux rentiers - ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d'impôts - se montent à 50 milliards d'euros, avant même la prochaine perte du triple A et de probables hausses des taux exigées par les marchés.

 

Pour alléger ce fardeau, préserver les services publics et la protection sociale, et enclencher une transition écologique, le débat démocratique devra déterminer si une part de cette dette est illégitime, c'est-à-dire contractée au nom d'arguments infondés et au bénéfice d'intérêts particuliers et, le cas échéant, décider un défaut sur cette partie de la dette. Les Etats devront à l'avenir se financer ailleurs qu'auprès des seuls marchés financiers, comme ils le faisaient jusqu'au début des années 1980 : faute de quoi ils ne pourront plus prétendre à aucune souveraineté.

 

Ils devront également prendre acte que cette crise est aussi celle d'un modèle de croissance insoutenable, et réorienter les investissements publics vers des programmes écologiquement plus sobres et plus riches en emplois, au lieu de grands projets productivistes, coûteux et obsolètes.

 

Mais si la narration critique a pour elle la vraisemblance du diagnostic, elle se heurte aux "évidences" martelées, et la nécessaire radicalité des réponses qu'elle appelle peut inquiéter. C'est pourquoi un appel pour un "audit citoyen de la dette publique" a été lancé mi-octobre 2011 par des personnalités et nombre d'organisations syndicales, associatives et politiques, rejoints depuis par plus de 50 000 citoyens (Audit-citoyen.org).

 

Des collectifs locaux se créent dans de nombreuses localités pour proposer aux citoyens de s'emparer de ce débat. Ces initiatives n'ont pas encore intéressé les médias, mais veulent susciter dans les profondeurs de la société un débat de la même intensité que celui qui a précédé le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.

 

Car les questions alors débattues se posent avec une tout autre acuité, à l'heure où le tsunami de l'austérité arrive d'Europe méridionale. Les réformes institutionnelles adoptées depuis un an, et parachevées par le "traité intergouvernemental à Vingt-Six" décidé au sommet européen de décembre, ne font que radicaliser une logique de répression budgétaire et de soumission aux marchés financiers, dont la crise manifeste pourtant l'échec patent. Alors que le navire de Maastricht s'est déchiré sur les récifs de la crise financière, les capitaines s'épuisent à coller des rustines sur les débris qui flottent.

 

Une idée a servi de clé de voûte à l'architecture européenne depuis Maastricht : les marchés sont plus intelligents que les gouvernements et les électeurs. Concurrence fiscale et sociale au sein d'un marché libre et non faussé ; réduction des recettes publiques pour augmenter la compétitivité ; obligation faite aux Etats, en cas de déficits, de se financer sur les marchés ; interdiction faite aux Etats de s'entraider financièrement... : la zone euro a été conçue pour éliminer les politiques économiques volontaristes et placer les Etats sous le pilotage automatique des marchés. La tentative désespérée de sauver cette architecture aux principes obsolètes ne peut qu'échouer, fût-ce avec des eurobonds (des titres communs pour mutualiser la dette des pays de la zone euro) qui resteront soumis au jugement et donc aux critères de "bonne gestion" des marchés.

 

L'échec programmé de ce sauvetage peut déboucher dans les années à venir sur un éclatement de l'euro et un déferlement des courants nationalistes, autoritaires et xénophobes qui travaillent les sociétés européennes. Mais le pire n'est pas certain. Les aspirations démocratiques, elles aussi, sont très vivaces en Europe, notamment dans la jeunesse, comme le montre l'essor des mouvements "indignés" dans les pays du Sud, jusqu'ici les plus touchés par la crise sociale et démocratique.

 

La nomination d'anciens dirigeants de Goldman Sachs comme chefs de gouvernement en Grèce et en Italie, ministre des finances en Espagne ou président de la Banque centrale européenne, ne passe pas. Pas plus que les cris d'orfraie devant l'éventualité d'un référendum, en Grèce ou ailleurs. Les citoyens ne veulent plus être "des jouets dans les mains des banques et des politiciens", comme disent les "indignés" espagnols. Ils veulent pouvoir peser sur leur avenir, faire des projets pour leurs enfants, stopper les dégradations sociales et écologiques qui les indignent.

 

Face à la surdité des élites, une insurrection démocratique est nécessaire en Europe comme d'ailleurs aux Etats-Unis, dans le monde arabe, en Russie... Il s'agit de refonder la démocratie dans le champ politique, par un recours intense aux mécanismes de la démocratie directe (initiatives citoyennes, référendums révocatoires...) et de la démocratie délibérative (conférences citoyennes, deuxième Chambre tirée au sort...).

 

Il s'agit aussi de l'élargir au champ économique, à commencer par le système bancaire, dont le sauvetage imminent par les deniers publics doit être l'occasion de le placer sous le contrôle non pas des fonctionnaires de Bercy ou de Bruxelles, mais de la société civile. L'horizon semble bouché par leur dette : dégageons-le en réinventant notre démocratie.

 


Attac organise, en partenariat avec Mediapart, la journée de débats "Leur dette, notre démocratie", le dimanche 15 janvier, à l'Espace Reuilly (Paris 12e).

Geneviève Azam, économiste, membre du conseil scientifique d'Attac ;  

Etienne Balibar, philosophe ;

Thomas Coutrot, économiste, coprésident d'Attac ;  

Dominique Méda, sociologue ;  

Yves Sintomer, politologue

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 00:09

    par l'équipe du GRDS

 

        "L’école commune" est en librairie! 

 

L’école commune. Propositions pour une refondation du système éducatif, éditions La Dispute, collection "L’enjeu scolaire", 15 €.

 

La démocratisation scolaire est en panne : les inégalités scolaires n’ont pas bougé depuis un demi-siècle et l’élargissement de l’accès aux savoirs est bloqué depuis quinze ans, provoquant une véritable crise de confiance des Français dans leur école. Il est urgent d’élaborer des propositions concrètes pour refonder le système éducatif.

 

Le GRDS, composé d’enseignants syndicalistes et de chercheurs universitaires, entend contribuer à la démocratisation de l’école en soumettant ses travaux au plus large débat. Il propose dans cet ouvrage de substituer à l’actuelle "école unique" une "école commune", caractérisée notamment par un tronc commun de 3 à 18 ans, la suppression des notes et de la concurrence entre les élèves, ainsi qu’un vaste réexamen des procédures d’apprentissage et des contenus d’enseignement, de la culture commune à transmettre aux jeunes générations, et de la formation des enseignants.

 

Ces propositions - audacieuses, réfléchies et réalistes - sont à la hauteur des attentes, en France, envers ce qui pourrait être une rénovation ambitieuse de l’école. C’est ce dont témoigne le succès de l’Appel pour une grande réforme démocratique de l’école, lancé fin 2010 à l’initiative du GRDS, adressé aux partis de gauche par cinquante chercheurs spécialistes du système éducatif, et qui a connu un retentissement important.

Table des matières

Introduction : Dépasser l’école unique, une nécessité historique

Chapitre 1 - Une seule solution démocratique : l’école commune

Le besoin d’une avancée massive de la démocratisation scolaire

Les obstacles à une appropriation élargie des savoirs scolaires

L’école commune

Conclusion

Chapitre 2 – Réexaminer les enseignements élémentaires

La croisée des chemins

Interroger les systèmes d’apprentissage : l’exemple de la lecture

Interroger les systèmes d’apprentissage : l’entrée dans les mathématiques

Interroger la conduite des apprentissages

Conclusion

Chapitre 3 – L’enseignement secondaire de l’école commune

Un choix politique

Repenser la culture commune

L’organisation de la scolarité commune

Réenchanter le métier d’enseignant

Chapitre 4 – La formation des enseignants. Quels maîtres pour une école démocratique ?

Introduction

Les contenus de la formation des enseignants

Les parcours de formation (école première et enseignement secondaire)

Chapitre 5 – A propos de dix idées reçues

« Ceux-là, il n’y a rien à en tirer ! »

« Éduquer ou instruire, il faut choisir »

« L’élève au centre… »

« Le tout, c’est de savoir les prendre »

« Avec le socle et les compétences, c’est plus clair ! »

« Le travail à la maison, c’est décisif »

« L’école de la réussite est une école ouverte sur la vie »

« Des classes hétérogènes, ça ne profite à personne »

« L’autonomie des établissements, ça libère les énergies »

« Les diplômes, ça ne sert plus à rien ! »

Annexe : Appel de cinquante chercheurs aux partis de gauche : Pour une grande réforme démocratique de l’école

 

http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article130

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 11:26

L'été était pluvieux, en ce mois d'août 2007, et le ciel gris ne laissait présager rien de bon. Mais qui se serait alarmé d'une information financière qui ne semblait concerner que les banquiers? La Société Générale reprochait à BNP Paribas d'avoir suspendu trois de ses fonds investis partiellement en actifs immobiliers américains. BNP Paribas le prenait de haut en rétorquant que ses clients lui en sauraient gré car,ainsi, elle les protégeait. Il était question de crise de confiance interbancaire. Sans doute fallait-il être économiste pour saisir à ce moment-là toute la gravité de la situation. Citoyen lambda, je m'intéressais à la politique, mais la technicité de la sphère économique m'échappait.

L'annonce avait fait l'effet d'une douche froide sur les marchés européens. Les banques avaient brièvement interrompu toutes leurs opérations de prêts, provoquant une hausse spectaculaire des taux d'intérêt. L'information principale diffusée alors sur les ondes avait été la réaction immédiate et salutaire de la Banque centrale européenne qui, de concert, je crois, avec la Fed américaine, avait injecté dans le circuit financier un montant record de liquidités, de l'ordre de la centaine de milliards d'euros, soit davantage que le 11 septembre 2001. La crainte d'une propagation de la crise était vive...


   

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 18:50

Les branches du lilas mauve et du lilas blanc s'embrassaient au-dessus de ma tête. Il faisait chaud. Par la porte laissée ouverte, j'entendais avec netteté ce que disait le poste de radio. Un homme parlait d'une sorte de paradis. "Le palais de l'Elysée..." La voix était cuivrée, elle retentissait comme une trompette. Il était question d'événements graves et d'hommes à la hauteur. Du haut de la tour Eiffel, le journaliste avait le ton qui convenait. "Le carrousel des gardes républicains..." Je ne comprenais pas tous les mots. La maîtresse nous recommandait souvent d'utiliser le dictionnaire. Je n'en avais pas sous la main. Cadet Rousselle s'en allait-en-guerre aux côtés de Malbrough...

 

Editions La Chambre d'échos.

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 15:42

    par l'Equipe de Ségolène Royal

 

« Notre bilan n’a ni besoin d’être encensé, ni besoin d’être noirci. […] Déjà ce qui a été fait par le Président est exceptionnellement courageux. Et je ne sais pas dans quel état serait aujourd’hui la France si elle était dirigée depuis 2007 par Madame Royal. » Vœux de François Fillon, lundi 9 janvier 2012.

Monsieur Fillon lit donc dans la boule de cristal, et comme dans un mauvais roman de politique fiction, se demande ce qu'aurait été la France si elle avait été dirigée depuis 2007 par Ségolène ROYAL. Au delà du mépris bien naturel d'une droite qui refuse culturellement d'admettre l'idée même de l'alternance, nous savons ce qu'est la France de Nicolas Sarkozy :

- 600 milliards de dette supplémentaire,

- 1 million de chômeurs supplémentaires,

- 80.000 suppressions de postes dans l'éducation nationale,

- 21% de violences contre les personnes supplémentaires,

-350.000 emplois industriels perdus depuis 2007.

Voilà ce qu'aurait été en revanche, la France de Ségolène Royal :

- La France de l'ordre économique, social et écologique juste,

- La France de l'excellence environnementale,

- La France de la ré-industrialisation et de la mutation écologique de l'économie,

- La France de l'Education Nationale comme priorité absolue,

- La France du soutien aux PME,

- La France de l'ordre international juste.

 Monsieur Fillon ne dit pas que si Ségolène Royal avait bénéficié de soutiens financiers aussi importants que ceux de Nicolas Sarkozy, elle aurait été très certainement élue et le visage de la France serait différent : une France juste et unie. Monsieur Fillon peut donc gloser autant qu'il veut sur cette politique fiction, la réalité est bien là. Nicolas Sarkozy et son gouvernement n'échapperont pas à leur bilan et au jugement des Français.
  
Nous avons donc décidé, à Désirs d'avenir, de dessiner la France telle qu'elle serait si Ségolène Royal avait été à sa tête en 2007. Écrivez nous.

L’équipe de Ségolène Royal

 

Désirs d'avenir, 8, rue de Saintonge, Paris, 75003, France.

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 23:23

 

 

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la Terre ne lui ressemble que de très loin...

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