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  • : le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

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     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

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          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

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     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

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     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 00:00

LA SOLITUDE

EN LATITUDE

ET

L

O

N

G

I

T

U

D

E

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 00:04

Je me concentrais de la même façon sur la pointe de mon stylo quand je m’exerçais à écrire. La bille entrait en contact avec la page blanche du cahier. La pression de mes doigts lui faisait effectuer de très fins déplacements dont le résultat était la formation de lettres, de syllabes et de mots. Leurs suites étaient canalisées entre deux lignes parallèles qui servaient à guider l’écriture. Le monde laissait une impression sur ma conscience en même temps que je le voyais s’écrire. Comme je n’avais pas beaucoup de distractions, les impressions se gravaient en moi durablement. Les actions étaient lentes, les temps d’exposition étaient longs. En plein soleil, l’été, la lumière était dure. Coupante, tranchante. Au milieu de la chaussée en terre battue divisée par l’ombre des toits, ma silhouette se projetait sur la partie ensoleillée de la rue. Je lançais la petite balle en caoutchouc de mon Jokari à sa rencontre. Elle se noyait dans la masse noire. J’essayais de la projeter dans la lumière. Au bout du fil élastique, la petite boule rouge s’inscrivait en noir, sur l’écran ensoleillé du sol ou des murs qui en réfléchissaient l’ombre, comme un point sur un i. Ecrire revenait à séparer l’ombre de la lumière. Campée sous le soleil au milieu de la rue, je me prenais pour un shérif, capable de séparer les bons des mauvais.

 

ENFANCE

 

 


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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 00:04

 Elle s'appelait Martine. C'était une amie chère. Une gosse des corons qui avait grandi dans une petite ville du Nord de la France en y laissant à jamais son coeur et ses rêves. Je ne peux pas l'oublier, je ne l'oublierai jamais! Pourquoi? Ainsi commençait-elle chacune de ses phrases. Car elle ne comprenait pas, elle ne comprenait rien à la vie des adultes à laquelle l'âge grandissant lui commandait d'appartenir. Pourquoi? Pourquoi cette circulation de fausse monnaie entre les gens? Ces relations empesées, formatées, serrées dans le moule indifférent de la norme sociale? Elle promenait son visage lunaire dans la foule et interpellait parfois gentiment les passants en leur demandant "ça va?"... Les sourires gênés, les moues réprobatrices, les haussements brusques d'épaules laissaient parfois la place à une réponse toute simple: "oui, ça va, et vous?" Alors, elle répondait "non, ça ne va pas du tout, voyez-vous?..." Et l'autre, qui avait pourtant commencé l'ébauche d'un dialogue, ne voyait rien du tout, manifestait des signes de panique, et se dérobait rapidement en s'éloignant à grandes enjambées... 

 

 


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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 00:04

Village

 

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 00:04

J’avais gardé le souvenir d’un jeu de création qui avait soulevé en moi un désir au moins aussi fort que celui de former des bulles de savon. De belles boîtes en carton coloré étaient rangées dans les petites armoires à notre taille de l’école maternelle. Nous avions le droit, certains après-midis, de les sortir de leurs étagères. J’avais été émerveillée par des allumettes géantes au bout desquelles le soufre était figuré par de petites boules de couleurs vives, le bleu, le jaune, le rouge et le vert. Le jeu consistait à les faire entrer dans les trous d’un support perforé de façon à reproduire ou à créer des figures colorées. Je ne sais si les allumettes craquées par mon père fumeur avaient allumé la flamme de mon engouement pour ce jeu. La malchance voulait que d’autres enfants plus rapides que moi s’en emparaient dès le début de l’après-midi récréatif et je passais le reste du temps à espérer le moment où je pourrais à mon tour m’en saisir. Je ne m’intéressais plus aux autres jeux. Les petites boules brillantes aimantaient mon regard. Je leur associais, il me semble, une impression de richesse. J’aurais voulu les thésauriser, les avoir pour moi seule. L’unique fois (telle est la conviction de ma mémoire !) où j’ai pu en disposer à loisir (mais le temps m’avait paru trop court), la manipulation de ces allumettes m’avait remplie de bonheur. Je découvrais en moi des pans insoupçonnés d’intelligence et de créativité. J’inventais le codage d’un nouveau langage qui était mien. Je créais de jolies formes géométriques ou des alignements de signes qui ne parlaient sans doute qu’à moi, mais dans l’enceinte de l’école, leur sens me dépassait. J’utilisais un matériel commun pour construire ma singularité.

 

ENFANCE

 

 


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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 00:04

Flots

 

 

 

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 00:04

Les situations sont complexes et les grilles de lecture traditionnelles sont incapables de rendre compte de la nouvelle donne. En Egypte, en Turquie, en Ukraine, la jeunesse des peuples se soulève contre tous les tyrans, contre toutes les formes de tyrannie ou d'obscurantisme. Le moteur est partout le même, désir de liberté, de prendre les choses en main, d'être acteur de son propre destin, de pouvoir nourrir ses rêves grâce à des conditions de vie décentes. Des partis ou des mouvements englués dans les fantasmes du XXème siècle, en Occident, ou dans les fantasmes religieux, en Orient, tentent de manipuler et de récupérer les aspirations profondes, d'essence pacifique et humaniste, de ces peuples-citoyens qui découvrent et mettent en oeuvre,dans des actions collectives, leur besoin d'en finir avec les oppressions anciennes. Car, messieurs ou mesdames les dirigeant-e-s, les peuples ne sont plus ce qu'ils étaient ou, plus exactement ce que vous avez cru qu'ils étaient et que vous croyez encore trop souvent qu'ils sont, à savoir des moutons inoffensifs ou des loups enragés. Les peuples sont constitués d'hommes et de femmes libres qui aspirent à la dignité, mais que, hélas, vous poussez parfois (souvent) à bout. Partout, les peuples se redressent et font entendre leur voix. En Algérie, la jeunesse qui étouffe sous la fin de règne de Bouteflika bouillonne. En Italie, des rassemblements de citoyens se font élire pour gérer les collectivités territoriales dans l'intérêt général. En Espagne, les jeunes s'organisent et se sentent prêts à exercer leurs responsabilités dans la gouvernance du pays. En France, c'est à Notre-Dame-des-Landes que convergent les aspirations à un monde meilleur plus démocratique. Notre-Dame-des-Landes est le nouveau terrain d'affrontement des Anciens et des Modernes. Les Anciens s'accrochent au modèle de croissance économique du siècle dernier, au risque d'affaiblir le débat démocratique, tandis que les Modernes luttent de toutes leurs forces contre la coalition politico-journalistique qui tente de rendre inaudible leur projet de vie durable pour le XXIème siècle. La dynamique à l'oeuvre est mondialement révolutionnaire. Elle n'étonne que les puissants et les passéistes. Pour la contrer, certains sont prêts à tout. Ce sont des contre-révolutionnaires qui allument le feu, des partisans de l'ordre en place qui bâillonnent les prophètes, et aussi des cyniques ou des mafieux qui tentent de rafler la mise. Nous vivons une période pleine d'espoir qui nécessite le plus grand discernement. Les responsables politiques que nous avons élus devraient apprendre plus que jamais à nous écouter, nous, les citoyen-ne-s, qui leur avons délégué notre pouvoir souverain. L'écart grandissant entre le peuple et le pouvoir qui le représente est malsain. Le mandat confié par le peuple devrait reposer sur une feuille de route précise, avec obligation de mise en oeuvre des actions définies. Le grand écart permanent entre le président de la République et le candidat qu'il a été ne devrait plus être possible. Il est temps que la France tourne définitivement le dos à la monarchie absolue.                 

 

Chronique de la crise

 

 

 

 

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 00:04

Quand je frappais dans la balle de mon Jokari, j’étais attentive à la tension de l’élastique, je me libérais de mes tensions, j’essayais de me réunifier en me concentrant sur la cible potentielle. Plus l’élastique était tendu, plus je réussissais mes coups. Je fixais un point devant moi pour diriger son extension, le plus loin possible, à égale distance entre les deux côtés de la rue. La succession temporelle des trajectoires suivies par l’élastique devait pouvoir être vue dans l’espace comme une superposition de lignes fondues en une seule. En réalité, à cause de ma maladresse, elles formaient un large faisceau ou un écheveau plus ou moins resserré. Quand je remplissais un broc d’eau à la pompe, j’étais éclaboussée par les gouttes qui s’échappaient du jet irrégulier et saccadé obtenu par la force de mon bras. La bouche grossière de la pompe laissait sortir une eau informe. A l’opposé, l’eau filtrée par la paume de l’arrosoir traçait des lignes filiformes qui retombaient en faisceau sur le sol. J’étais également fascinée par les fils électriques. Ils paraissaient tendus comme les lignes d’une immense partition où les hirondelles se posaient comme des notes. D’une rue à l’autre était proposée la lecture d’une symphonie possible. Entre l’école et la maison, je fredonnais des mélodies réunificatrices.

 

ENFANCE

 

 


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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:04

Une professeure qui me voulait du bien m’avait appris à me débarrasser de mon idiome linguistique, de tous ces « tchieu » et « djieu » qui émaillaient mes lectures des tragédies de Racine. Je parlais donc deux langues, le français ch'ti patoisant pratiqué en famille et le langage souhaité par l’école. A vrai dire, je me sentais mal à l’aise aussi bien dans l’une que dans l’autre, en raison sans doute d’un léger décalage entre la perception et la compréhension, comme si je devais entreprendre un travail de traduction avant toute prise de parole. En réalité, je ressentais de la gêne. Parler en famille sans accent comme à l’école était tout simplement impossible. Plus qu’une barrière psychologique, j’affrontais là plutôt une impossibilité morale, avec en la personne de mon père une espèce de grand Inquisiteur ou d’inquiétant Commandeur. Le langage me livrait une vision du monde qui n’était pas la même ici et là-bas. Je vivais cette dualité comme une étrangeté humaine car l’intuition que j’avais de ma personne ne changeait pas en fonction des lieux où je me trouvais. Le nœud de ma complexité interne n’était pas attaché à un endroit particulier du monde extérieur. Ma singularité n’était pas un animal variable. En me pliant aux usages linguistiques différents des adultes chargés de mon éducation, je me laissais diviser sans le vouloir.


ENFANCE

 


 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 00:04

La mort venait trop tôt, mais on dit qu’elle vient toujours trop tôt. Les questions et les réponses se renvoient sans cesse la balle. Je commençais à comprendre que je me situais sur le fil ininterrompu de l’expérience humaine. Ma trajectoire scolaire qui m’avait propulsée à L. m’avait mise en contact avec l’autre figure de moi-même, égale à l’universalité de la conscience et du langage. Mon moi intime devait se dissoudre dans plus grand que lui. 

 

ENFANCE

 


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