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  • : le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

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          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

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     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:04

Ainsi, le long du petit côté AH du triangle de ma vie, les images légères de mes souvenirs se superposaient-elles à la tristesse du présent. Elles la perçaient de rayons lumineux comme le soleil, parfois, à travers les nuées grises. Enfant, je recherchais l’unité de l’existence. Or, je découvrais qu’elle était faite de solutions de continuité. A travers les interstices, j’essayais néanmoins d’en découvrir la trame. La vérité se trouvait-elle dans les trous du tissu révélés par les perforations de l’aiguille ? Ou dans l’entrelacs des fils alternés qui le constituaient ? La matière de l’air était faite de cette alternance grise et or des rayons de la lumière filtrée par les nuages. Quand j’allais me ressourcer vers H., j’oubliais les lignes noires du catafalque tombé soudainement sur la matière première à l’origine des battements de mon cœur...

 

ENFANCE

 


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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 17:17

J'éteins le néon au moment de quitter mon bureau. Sa lumière crue cachait la douceur du jour. Je m'approche d'une fenêtre. Heure magique. J'allais rater l'un des plus beaux couchers du soleil.

 

 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:04

Oh!

Magie du souffle. La bouche arrondie formait la voyelle O qui s’envolait vers le ciel. Oh !

 

Là-haut, sur l’écran bleu de cette magnifique journée d’été, s’écrivait le texte des plus belles espérances. Un petit avion ronronnait paisiblement, suivi d’une grande banderole rouge où était inscrite en larges lettres blanches l’annonce de la fête annuelle. Comment imaginer que les mots ne puissent pas toujours annoncer le meilleur ? Qu’ils ne puissent pas toujours s’élever comme des bulles de bonheur ? A l’aide de mon petit outillage mental, je recueillais des lettres et des sons que je propulsais dans un souffle. Les mots s’assemblaient à l’air libre. Ils rebondissaient contre le ciel. Ils revenaient vers moi enrichis par les rayons du soleil. Les mots ailés s’apparentaient aux sphères, fermés sur le sens qu’ils formaient rondement pour la lecture. Ils s’élançaient dans différentes phrases qui s’étiraient au fur et à mesure de leurs rebondissements. Mon peu de maîtrise de la langue rendait leurs faisceaux aléatoires. J’aimais leurs dessins sur les pages des cahiers. Souvent, parce que je manquais d’idées ou que je n’avais pas à ma disposition la combinaison de lettres souhaitable, mes mots restaient coincés dans des impasses. Je m’arrêtais pour reprendre des forces. Je naviguais au long cours sur l’océan du langage. Mon esquif était fragile. Je pouvais me noyer au fond de l’étendue du ciel...

 

ENFANCE

 


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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:04

 

Le tiers livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…  Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

 

La liste complète des participants est établie grâce à Brigitte Célérier.


Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir d’accueillir ici Dominique Hasselmann tandis qu’il me reçoit sur son blog Métronomiques.  

 

________________________________  

 

 

 

    Tu te souviens quand nous étions partis jusqu’en Irlande du Nord, à Belfast, en 1970 ? Tu étais prof d’anglais à Dole (Jura), en plus ça pouvait servir là-bas, et j’aimais l’accent sortant de ta bouche maquillée.

 

    Je conduisais ma Coccinelle rouge – « Keep left ! » indiquait le papillon que l’on m’avait collé sur le pare-brise, juste à la sortie du ferry – et je faisais surtout attention aux carrefours, drôles de sensations au début.

 

     La traversée de la mer d’Irlande avait été horrible : une véritable tempête, je fus malade comme un chien alors que toi, tu tenais à peu près le choc, et avec le sourire. Dans les coursives, ça sentait le vomi, tout basculait sans cesse d’un bord à l’autre, j’aurais voulu mourir ou dormir, ne plus être trimballé comme un fétu de paille sur des vagues impitoyables.

 

     Puis nous sommes arrivés, le « conflit » durait toujours : dans Belfast, les jeeps militaires fonçaient à toute allure, vitres grillagées, et les patrouilles à pied des soldats se faisaient avec certains d’eux marchant à reculons pour se protéger d’attaques dans le dos. Des murs séparaient la ville, comme à Berlin. Il y avait déjà de grands portraits peints sur les murs de briques, mais ce n’était pas encore ceux des morts du « Bloody Sunday » de 1972 (Paul Greengrass, le bien-nommé, en fit plus tard un film en 2002).

 

     En 1992 sortait sur les écrans The Crying Game, de Neil Jordan (1992), un film très fort sur l’engagement dans l’IRA. Quelques années passaient et Sorj Chalandon publiait Mon Traître  (Grasset, 2008) et je retrouvais dans ce livre Belfast telle quelle – mais j’avais perdu depuis longtemps ma prof d’anglais.

 

     Alors, quand j’ai reçu la photo ci-jointe prise à Derry (ne jamais dire Londonderry !), même si nous n’étions pas allés dans cette ville, haut-lieu de la résistance aux troupes anglaises, j’ai reconnu ce type de paysage, l’herbe verte comme l’une des bandes du drapeau, la couleur indéfinissable du ciel, les maisons alignées comme des corons du Nord de la France, et ces peintures murales représentant des scènes et des figure d’hommes ou de femmes plutôt que des signes parfois cabalistiques.

 

     J’aperçois aussi le Bogside, ce quartier célèbre, et un pub à son nom, puis un mini-market intitulé Little Richard (rock against the bullets), puis, sur la gauche, après ces immenses visages qui nous dévisagent, un bâtiment bleu avec des tuyaux jaunes comme un Centre Pompidou en réduction.

 

     Cette photo ressemble finalement à une peinture : celle de souvenirs approchants ou à l’approche desquels ralentit le moteur du navire avant l’accostage au port.


 

S 5 Estampe

 

      texte : Dominique Hasselmann

      photo : Françoise Gérard

 

 


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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 00:04

J’avais rêvé, enfant, de souffler des bulles de savon à l’aide d’un petit instrument vendu au marché par un camelot. Je me souvenais d’une très belle journée d’été. Le soleil et le ciel avaient marié leurs couleurs bleue et dorée. Tous les gens que nous rencontrions avaient l’air gai, et moi, j’accompagnais ma mère en lui donnant la main. Au marché, il y avait beaucoup de monde, comme à une fête. Derrière leurs étals ou à même le sol, sur de grandes nappes couvertes d’objets, les marchands faisaient l’article. J’avais senti monter en moi plusieurs envies. Ballon, bonbons, illustrés, moulin à vent dont les ailes accrochées à l’extrémité d’une fine baguette souple frémissaient au moindre souffle, et ce mystérieux outillage qui permettait de recueillir de l’eau savonneuse dans un petit récipient pour former des bulles irisées qui s’élevaient lentement au-dessus de soi. Evidemment, c’était très cher pour ce que c’était, et je n’avais pas insisté auprès de ma mère. Sur le chemin du retour, j’avais eu cependant plus de mal que d’habitude à surmonter ma déception. Rien, d’ailleurs, ne m’empêchait de m’exercer en pensée à effectuer le geste de souffler des bulles. J’aimais leur forme ronde, leur brillance et leurs reflets arc-en-ciel. J’aimais leur fragilité et leur capacité à s’élever. Leur pouvoir évocateur était immense. Rondes comme une sphère céleste, transparentes et colorées, cristallisation du rêve et de la réalité, presque immatérielles, à la limite extrême entre la réalité et l’illusion, figure de ce qui pourrait être et n’advient que dans la fugacité d’un instant, image d’un essentiel entrevu mais bien vu, fenêtre entrouverte sur la beauté, douceur et bonté d’une forme qui attire le regard au-delà de la perception visuelle...

 

ENFANCE

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 14:51

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 00:04

 

S 3 Acrylique Paysage portuaire

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 12:37

Le tiers livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…  Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

 

La liste complète des participants est établie grâce à Brigitte Célérier.

 

[VASES COMMUNICANTS]

 


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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 00:04

rideau porte fermée dehors dedans laissez-moi tranquille la paix rester seul-e personne ne plus voir personne ne regarder que ce rayon de lumière qui passe à travers un store poser les pieds sur le bureau s'absorber dans la contemplation des grains de poussière qui tournoient dans l'embrasure de la fenêtre rêver fuir le réel préférer la torpeur du songe à l'opacité tranchante des donneurs d'ordres ne plus être capable de tenir le rôle social du cadre opérationnel habile à compulser les dossiers fermer les yeux fermer la porte s'évader je suis au bagne ma vie ne m'appartient plus ne m'a jamais vraiment appartenu je n'en peux plus j'étouffe ouvrir la fenêtre appeler les oiseaux créer un appel d'air je me sens pris-e au piège depuis tant de temps pourtant moi aussi j'ai travaillé j'y ai cru je me suis défoncé-e j'avais un idéal justement panne d'idéal l'époque est mortelle l'époque est matérialiste l'époque est consumériste l'époque tue l'époque est méchante l'époque est bête l'époque est prétentieuse l'époque regarde son compte en banque l'époque est cruelle et moi je doute je ne sais plus rien je n'ai jamais su grand-chose on m'a déguisé-e on m'a fait porter des habits qui n'étaient pas les miens je ne le supporte plus je voudrais me rendre utile je me suis senti-e disponible on s'est moqué de ma naïveté on a cherché la faille on a cru la trouver on a cru l'élargir on a cru me disqualifier on a cru me tuer au moins symboliquement personne néant être ou ne pas être je ne veux pas me rendre je n'ai plus de force prête-moi ta plume, toi, l'autre, mon frère ou ma soeur, qui peut-être me comprend malgré tout malgré eux tous ces autres menaçants ces quidams provisoirement importants qui se gonflent comme des grenouilles ou des crapauds je me retire je n'en peux plus c'est désormais une question de vie ou de mort socialement je suis mort-e vous vous en foutez vous l'avez cherché vous dites même c'est bien fait vous trouvez toujours tout un tas de mauvaises raisons pour faire le mal le clodo là-bas évidemment que c'est de sa faute passez il n'y a rien à voir tout va bien dans le meilleur des mondes possible et tout au fond de votre coeur là honnêtement qu'en pensez-vous allez détendez-vous un peu de gentillesse ne fera jamais de mal à personne soufflez décontractez-vous je ne vous demande rien fichez-moi la paix la paix je vous dis rien je ne veux rien je disparais tranquillement et sur la pointe des pieds vous n'entendrez plus jamais parler de moi à moins que vous ne puissiez plus vous passer de votre souffre-douleur de votre faire-valoir passez votre chemin débrouillez-vous sans moi non je préfère ne pas vous raccompagner vous fermerez la porte derrière moi vous prendrez ma place vous jubilerez vous vous sentirez fort et dans le fond au plus profond de mon coeur je vous plaindrai je préfère ne pas me sentir à votre place

 

 

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 00:04

Ma vie s’était organisée en compartiments. J’aurais aimé avoir assez de recul pour en contempler l’architecture, mais je n’apercevais même pas l’ombre de son esquisse. Pourtant, j’avais à ma disposition, à la surface du sol, la base d’un triangle dont les sommets pouvaient être notés par les points A., H. et L.. J’aimais marcher le long du petit côté AH quand je revenais de L.. J’y recherchais sans doute une forme d’inspiration pour réussir à me projeter vers le futur avec un peu de bonheur. Des souvenirs m’effleuraient, je ne les recherchais pas pour eux-mêmes. Je portais plutôt attention à mes sensations, à la légèreté de l’air ou à la douceur de certaines lignes qui se profilaient vers l’horizon du ciel. Il me semblait alors qu’un autre moi-même extérieur recueillait mes soucis entre les paumes de ses mains...

 

ENFANCE

 


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