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  • : le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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Autoportrait

         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

     Leitmotiv/    

         Ombres

     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

         Images

     Images découpées/La dernière image de lui/ Autoportrait /  

          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 23:04

Au coin d'une rue, à ma droite en allant, à ma gauche en revenant, des alignements de croix et de stèles uniformes jettent des éclats blancs à travers la verdure d'un quadrilatère qui a la dimension d'un terrain de foot.

 

La guerre est dans la ville.

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 23:04

Dans la vie, je suivais des couloirs qui me menaient dans des endroits très différents les uns des autres. C’était une sorte de labyrinthe avec des impasses où je restais plusieurs heures avant de repartir ailleurs. Les lieux où je revenais paraissaient inchangés mais n’étaient plus les mêmes à un ou plusieurs détails près. Moi-même, tout en demeurant celle que j’étais, je ne restais pas identique. Les souvenirs que je revisitais donnaient au temps la flexibilité d’un élastique. Ce qui était passé restait présent dans ma mémoire. Je pouvais jongler avec les époques et les lieux qui leur étaient associés. Or, la ville de H., qui était celle de ma petite enfance, me faisait faire l’expérience du temps révolu. Je continuais de la parcourir physiquement pour me rendre à l’école mais je n’empruntais plus le même trajet qu’autrefois. Les premières années de mon enfance étaient localisées du côté du « chemin vert » quand je me rendais à l’école par l’arrière de la commune. C’était là, en bordure des champs, que j’avais vu mon père et mon frère courir derrière un cerf-volant. Depuis le déménagement, je passais par l’axe principal de la petite ville. Je traversais mon ancienne rue à l’extrémité opposée de celle où j’avais habité. Je ne m’attardais pas sur l’impression étrange que je ressentais comme si, dédoublée, j’apercevais de loin l’enfant que j’avais été ! Je ne m’y attardais pas mais j’en ressentais la piqûre nostalgique ; les autres rues, je ne les traversais pas avec ce pincement au cœur ou cette indifférence affichée…

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 10:08

En feuilletant un vieil album du siècle dernier, je me laisse attendrir par une photo de fiançailles. Mai 1939. Entre deux alignements de petites maisons, que l'on découvre bombardées quelques pages plus loin, les membres de la famille sont regroupés sans protocole apparent, détendus, heureux, autour du couple qui s'est constitué officiellement pour une période probatoire dont l'issue paraît pourtant ne faire aucun doute dans les regards et sur les mines. Le fiancé sourit peu mais fixe l'objectif avec une détermination sans égal. Le véritable instantané, moment de grâce, a été saisi sur le visage désarmé de la fiancée. Elle est encore tournée vers son compagnon, la bouche entrouverte comme si elle parlait, les yeux brillants de bonheur et de confusion mêlés. Le photographe souhaitait vraisemblablement immortaliser le baiser donné juste avant?...

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 23:04


    1) La poésie ne clôt rien, ne signe rien, juste un appel. Tendre les mots bien sûr mais comme on tend les mains.

  @francisroyo    27/03/2012
  



    2) Le geste de photographier relèverait ainsi d’une très courte harmonie de l’instant.

  @dhasselmann  18/12/2012 

  


    3) Dans la photo, toute perspective sort immanquablement du cadre.

  @dhasselmann  13/01/2013 


   

    4) Il faut bien commencer par se sentir écrasé de silence pour avoir envie de parler, de commencer une phrase, pour se pencher aux bords du silence et basculer dans le langage.

 @IsabelleP_B   5/02/2013 


 
  
    5) Le cinéma est cinétique, art du mouvement, de la surprise, de l’image qui peut être, parfois, merveille.   

   @dhasselmann   10/03/2013


 

    6) Je n’écris pas au présent, je n’écris qu’à l’absent. Je n’écris qu’à l’irréel de l’absent.

   @IsabelleP_B   12/03/2013 


  

    7) Tu aimais flotter au milieu de corps actifs, comme un truc étranger et invisible. 

 @brigetoun   12/03/2013


   

    8) Les contes sont écrits pour endormir les enfants, mais aussi pour réveiller les adultes." H.C. ANDERSEN

  @casirni   21/03/2013 

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 23:04


Après le déménagement, j’ai continué d’aller à l’école primaire de la ville de H. Le trajet était long, la sacoche était lourde. L’hiver, après la place de l’Octroi qui séparait les deux communes, la route du retour devenait sinistre. La rue des Murets était interminable avec sa rangée de maisons austères trouée par des courées et, sur le côté opposé, son terrain vague aux herbes folles d’où pouvaient venir tous les dangers. Je préférais le côté des maisons, qu’un éclairage public faisait émerger de la nuit à intervalles réguliers. Dans les espaces non éclairés, je pressais le pas en guettant les ombres. Je commençais à me rasséréner quand j’apercevais l’angle que formait la boulangerie avec l’axe qui amorçait la rue où nous habitions désormais. La vitrine me semblait illuminée comme un phare. Courage ! Le port était en vue. Quand, enfin, je m’engageais dans notre nouvelle rue, le soulagement que je ressentais laissait de nouveau la place à un sentiment d’oppression au fur et à mesure que je m’éloignais du chaud rayonnement de la boutique. Il fallait encore marcher pendant plusieurs dizaines de mètres. Je m’enfonçais dans une espèce de couloir obscur en pente légèrement ascendante dont les parois reproduisaient à l’infini, jusqu’au point de jonction visuel de leurs deux lignes parallèles, les stries verticales correspondant aux portes et aux fenêtres. La rue, qui était pourtant longue, n’était éclairée qu’à ses deux extrémités et au milieu. J’avais pour ma part divisé le territoire de la rue en trois parties, de la plus familière à celle que je fréquentais le moins. Si je faisais souvent le trajet de la boulangerie à la maison, les deux autres tiers de la rue étaient le début d’un périple plus rare qui pouvait conduire jusqu’au centre de la ville d’A. Quand je jouais au Jokari, mon jeu se positionnait sur la fin du premier tiers et le début du second. C’était ce point-là que je fixais mentalement et que j’essayais de discerner dans la pénombre en tâchant d’oublier le poids de mon sac et la pesanteur de mon cœur. Je ralentissais le pas, je retrouvais de la force et du courage au moment de l’arrivée. La façade de la maison se rapprochait, me souriait. Quand je tournerais la clenche de la porte, je me glisserais dans son repli hospitalier, à l’abri du monde.

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 23:04

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 13:36

Une vieille amie de Nantes a laissé sur mon répondeur un message qui me renvoie à des souvenirs agréables de pluie et de voyages...

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 00:04

Il fait froid, gris, je marche tête baissée, parfois je lève le nez pour regarder le ciel, la forme des nuages, je cherche une lueur, rien qu'une lueur, si peu, un peu de bleu qui me rappellerait tes yeux, si beaux, j'ai l'impression que tu me regardes, je délire, j'ai froid, je frissonne de fièvre, je parcours les rues en attendant la nuit, les gens de la maraude me donneront une couverture et une boisson chaude, et je m'endormirai, peut-être, un peu, et j'oublierai, peut-être, un peu, quelques instants, un moment, je rêverai, non, je ne sais plus rêver, je referai le même cauchemar, recroquevillée sur mon carton, dans l'entrebâillement d'une porte cochère, j'allumerai des allumettes, je fumerai lentement des cigarettes, je me cacherai pour me protéger car j'ai peur, j'ai peur du monstre froid qui m'a brisée, je ne comprends pas, je croyais, je pensais, est-il possible, il suffirait, tout au long des rues, pourquoi, je vois le regard des gens me traverser sans me voir, tout au long des rues, je suis invisible, pour eux, je n'existe déjà plus, combien de temps, errer, divaguer, je ne veux pas rentrer dans leurs cases, je suis libre, libre de refuser ce qu'ils croient bon pour moi, à ma place, ici et là, au moins, sur ce parcours, je garde l'illusion de choisir, de m'arrêter, sur ce banc, au pied de cet arbre, sous les fleurs des cerisiers, bientôt, car moi aussi je continue d'espérer le printemps, c'est encore chevillé quelque part, le goût du beau, l'espoir du mieux, sinon, je ne marcherais plus, non, je ne m'effondre pas, je m'appuie contre ce mur, cette façade, je glisse sur le sol, je m'assieds, je me couche, je m'endors... enfin... tes yeux qui me fixent, bleus comme le ciel au-dessus de moi...

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 00:04

Entre ce pneu crevé et ce tonneau rouillé, là l'entrée, et là les fenêtres. Je dessinais à grands traits. J'avais délimité un périmètre sur le sol. Dans l'espace, j'imaginais des lignes verticales. La caravane serait installée ICI, nous aurions le droit, personne ne songerait à nous déloger. Je faisais le tour du propriétaire. A l'adresse de mes interlocuteurs, je retournais les questions. Où? Pourquoi? Quand? Comment? Comment les empêcher de s'intéresser à notre emplacement?

Faire le vide pour occuper seule le terrain était mon obsession. Les autres constituaient une foule menaçante qu'il fallait que je réussisse à maintenir à distance. Avec laquelle j'étais obligée de ruser. Derrière les planches des palissades, je jouais assez bien ma partition de cache-cache. Aux curieux, je répondais que j'attendais. Toute seule? Non. J'étais accompagnée de mon clown, j'avais l'air gaie. Je n'avais pas envie de faire pitié. Je me tenais droite comme un I. J'attendais mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs. Ma mère piquait à la machine, j'attendais sa sortie de l'atelier. Là-bas, pas très loin d'ici. Derrière un portail métallique noir, au-dessus duquel était inscrit, en lettres majuscules blanches, une sorte de titre: CONFECTION. Je l'attendais car nous ferions la route ensemble, jusqu'à la maison. Mon père rentrerait plus tard, de l'usine ou d'un spectacle. Il était homme à tout faire, homme de talent. Mon frère jouait quelque part non loin d'ici, au gendarme et au voleur. Je pouvais compter sur lui, il était de taille à me défendre. Quand j'étais prise, pour raconter mon histoire, on me demandait de dessiner une vraie maison. Celle que j'avais eue ou la nouvelle que j'aimerais. Les deux dessins se ressemblaient. Je n'oubliais pas le soleil dans un coin du ciel bleu, ni la fumée qui sortait de la cheminée les soirs d'hiver. Je montrais tout, dehors aussi bien que dedans. La rue avec les passants et la machine à coudre qui attirait la clientèle. Mes personnages riaient. L'avenir ne paraissait pas leur poser de problème.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 00:04

J'étais montée dans un compartiment dont les portes étaient encore ouvertes devant moi. Je suivais une gamine de mon âge qui accompagnait une femme. Je m'étais assise en face d'elles. La gamine avait l'air gentille, je lui avais souri. Elle m'avait répondu en avançant vers moi son sachet de bonbons. Je me penchais déjà pour attraper une papillote flamboyante. La femme m'avait giflée sans le vouloir en écartant la gamine avec son bras. Elle avait murmuré des mots à son oreille. Je les avais regardées, blotties l'une contre l'autre. Leurs yeux fuyaient sur les côtés. Je les trouvais jolies, leur peau était rose. Je ne pouvais pas me regarder en face mais je voyais bien que le bout de mes ongles était noir. La rame avait pris de la vitesse. Elle s'emballait, nous plongeait dans un trou noir. Les gens se laissaient ballotter. Je n'étais pas un colis ordinaire, je me demandais si la femme allait me signaler. J'imaginais la casquette du contrôleur chargé de m'accueillir sur les quais inondés de lumière de la nouvelle station où le métro s'arrêterait brutalement en freinant au dernier moment. J'avais pris peur. J'avais bondi vers les portes coulissantes. Je m'étais glissée comme une couleuvre à travers la fente de leurs battants à peine entrouverts. Je m'étais immédiatement fondue dans la foule. La rame était repartie après un coup de klaxon en emportant mon amie de quelques secondes. Passagère clandestine, débarquée je ne savais où, j'avais alors cherché tristement la direction Strasbourg-Saint-Denis. Je me faufilais comme si de rien n'était entre les voyageurs. J'essayais de me faire passer pour quelqu'un de leur famille. Je choisissais les moins pressés pour marcher tranquillement à leurs côtés. Juste un peu derrière, légèrement décalée, prête à détaler.

 

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