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  • : le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
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Autoportrait

         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

     Leitmotiv/    

         Ombres

     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

         Images

     Images découpées/La dernière image de lui/ Autoportrait /  

          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 23:03

A part quelques distraits, des amoureux et des vieillards, chacun paraissait connaître avec certitude le sens de sa destination. Les rames du métro s'arrêtaient en chuintant. Très vite elles repartaient alors qu'un voyageur plus lent se dégageait parfois en cassant un fil de son vêtement. Quand la station était déserte, je m'interrogeais sur la ligne de fuite des rails brillants qui s'enfonçaient dans le tunnel...

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 09:32

Les habitués suivaient chaque jour la même trajectoire. Je les apercevais à l'instant où leur vie s'arrêtait quand les portes du métro s'ouvraient. Les rails luisaient contre le bord des quais jumeaux. De grandes affiches épousaient la forme incurvée des murs du tunnel. Les personnages représentés étaient des hommes et des femmes de rêve. Leurs enfants n'avaient qu'un lointain rapport avec l'idée que je me faisais de moi-même. Ils étaient entourés d'objets magnifiques dont la beauté éclipsait l'usage. Un simple tabouret avait l'apparence d'une sculpture. Comme dans le hall d'entrée d'un cinéma, j'essayais d'imaginer les films en les déduisant des affiches. Les gens munis d'un ticket montaient dans les navettes qui les conduisaient vers les lieux où se jouait réellement leur vie. Les portes coulissantes de tous les wagons se refermaient avec ensemble sur ces acteurs figurants qui avaient pris place dans les compartiments...

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 10:55

Non, je n’avais rien inventé. Le panneau Fermeture était apposé contre la devanture du ROYAUME DES JOUETS. Mon mentor reviendrait. En lui racontant mon histoire, j’avais construit un univers invisible que personne d’autre que moi ne pouvait supprimer. De l’ancienne maison de garde-barrière à la maison démolie, la roue de l’éternel retour avait tourné plusieurs fois dans le bon sens. J’avais appris la patience. Nos vies fissurées avaient une chance d’être comblées...

 

Le contact nous avait installés dans cette maison que j’avais trouvée si jolie et confortable, avec de l’eau et de l’électricité. J’allais souvent contempler dans la cour, abritée par des lilas, le passage incessant des trains, qui ne s’arrêtaient plus. Mon père m’avait emmenée déposer notre histoire dans un dossier de la Préfecture. Je me souvenais que des suites de sons inconnus s’évaporaient de la file d’attente...

 

La table vibrait et les objets posés sur elle cliquetaient à chaque passage de train. Je ne savais pas écrire mais un peu dessiner. Les lignes que je pré-voyais droites se transformaient en zigzags.

 

Les trains glissaient sur les rails en déplaçant l’air qui les gênait. Leur vitesse était si grande que je n’avais pas le temps de fixer mon regard sur la tête des voyageurs. La nuit, je voyais des traînées de lumière et des traces de couleurs. Nous n’étions pas sur la trajectoire des personnes qui ont le droit de monter dans les trains...

 

Ma mère avait posé sur un empilement de cageots embellis par une étoffe la photo d’une réunion de famille. Tout le monde souriait dans la même direction et se serrait les coudes pour tenir dans le cadre. Un matin, la police avait frappé à notre porte. Notre présence dans la maison abandonnée avait été dénoncée. Le temps de réunir nos affaires, nous avions été obligés de sortir...

 

Une fenêtre était restée ouverte à l’étage, je me souvenais que les volets battaient.

 

texte écrit pour l'appel à fiction de François Bon sur le site Tiers livre http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2933

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 23:03

La lecture de la vie était bien difficile. Je me fabriquais ma propre grille en m'aidant des informations recueillies auprès de Balthazar, de Rosana et de mon frère. Ils étaient devenus les trois points cardinaux de mon existence. Le quatrième était situé dans ma tête. Je quadrillais le terrain avec cette Rose des vents bricolée, dont la principale fonction était de me signaler les dangers quand je me déplaçais d'un abri à un autre. Je pouvais aussi m'amuser à décoder les affiches, les tracts et les prospectus qui se ramassent à la pelle, les feuilles aux couleurs criardes collées d'un joyeux ou méchant coup de brosse sur un panneau interdit. Les images m'arrivaient frontalement, les mots faisaient quelques détours. Dans le dédale des couloirs du métro ou le labyrinthe des rues, j'imaginais que j'étais traquée comme Oliver Twist par Bill Sikes ou Fagin. Je me laissais bousculer par des cohortes de complices qui sortaient d'une cour des miracles surmontée d'un mot géant: GAUMONT. Je remontais leurs files pour mieux voir dans le hall les séries de photos et les écrans-vidéos qui montraient en boucle le résumé du film. L'obscurité d'une salle de cinéma convenait à une ombre. Quelqu'un, un jour, tournerait peut-être le roman de ma vie... 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 23:01

Sur le plan mural du métro, des points lumineux clignotaient comme des étoiles aux portes de la ville. Laquelle était la bonne? Elles me faisaient toutes signe de risquer l'aventure. Je tendais la main, je montrais aux passants qui s'arrêtaient les lignes de ma vie...

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 23:04

Il m'arrivait de suivre des passantes. Je ne les choisissais pas trop élégantes. Je les quittais au bord d'une frontière invisible en espérant sans raison qu'elles se retournent. Elles le faisaient parfois, à demi, avant de traverser une rue, pour vérifier les voitures arrêtées. Les destins des uns, des autres, s'entrecroisaient à chaque carrefour. Les gens circulaient ou faisaient circuler. Les feux rouges ou verts réglaient les existences. Le signal d'un feu orange me faisait parfois déraper vers un étalage de fruits et légumes. Je glissais l'agrume dans ma poche, puis je courais me cacher à l'adresse provisoire que je m'étais donnée sur la terre...

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 14:01

Mes envies de départ étaient légères. Je restais auprès de Rosana comme un ballon de fête foraine qui tire sur sa ficelle. Dans l'illusion de la mobilité, sans franchir la limite de son regard circulaire, à portée de ses mains chaudes. Prête à me blottir contre son coeur de cible qui battait fort. Je m'élevais au-dessus de la voûte du tunnel, au-dessus des trottoirs et des toits, et même au-dessus des lois. Je voyais haut et loin. Comme sur mon radeau dans le terrain vague, je flottais au-dessus de la vie. J'avais la vision d'une immense réunion, à l'opposé de toute séparation. Le plan vertical de mes voyages traversait les déplacements horizontaux des rames de métro. Mes rêves redescendaient trouer le tissu métropolitain comme l'aiguille d'une machine à coudre. De quel gigantesque ouvrage avais-je commencé l'entreprise? Ses fondations prenaient appui contre le ciel. Je regardais d'avance le tout à l'envers. Je me voyais comme dans un miroir, avec tous ceux que j'aimais, à la place qui nous convenait-revenait. Rosana enfin là, à l'endroit idéal qu'elle avait élu pour adresse... 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 15:20

Chez elle, Rosana allumait des bougies. Je m'enroulais dans un tapis rouge pendant qu'elle déroulait pour moi un chapelet d'histoires. J'écoutais avec ferveur la musique de ses phrases. Je me trouvais bien dans ce nouvel abri de paroles réelles, qui entraient en résonance avec les souvenirs que je murmurais dans ma tête.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 23:06

Préserver mon champ de vision exigeait que je redouble d'énergie pour échapper aux filatures. Si mon avenir se situait au CAP, Balthazar me le ferait savoir. Je résistais comme il me l'avait commandé, droite comme un i, pour rester du bon côté de l'Injustice. J'Imaginais tout ce qu'il y aurait de bon à savourer dans le plan final qui devait instaurer la Justice. Je connaissais des lieux - des rues, des places - qui portaient le nom de la Liberté, de l'Egalité ou de la Fraternité. Par un déplacement de perspective, les écriteaux bleus où ces noms étaient inscrits en blanc indiquaient au peuple des mendiants dont je faisais partie qu'ils devaient chercher ailleurs - plus loin ou plus haut - dans un monde en miroir, renversé, les Idéaux absents...  

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 13:08

Ma mémoire était comme une pièce, à la fois intacte et démolie. Les objets étaient à leur place, mais je ne pouvais plus les toucher. Une sorte d'écran me séparait de mes sensations. Leurs agrégats avaient volé en éclats en même temps que la maison. Sous les coups de boutoir assenés par les grues, mes échafaudages intérieurs n'avaient pas tenu bon. Ce que je ressentais se fracassait contre la réalité de notre vie abolie...

 

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