Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : le vent qui souffle
  • : Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
  • Contact

Recherche

Archives

Autoportrait

         Qui étais-je vraiment? /

Ballet d'oiseaux

          au bord de la mer  

Impossible livre

      Mots

    déploiement géométrique, sonore, temporel

Les mots/"Sons" dessus dessous?/Où (hou!hou!) sont les sons?/Sur les ondes/Tout se jouait entre deux mots qui se fuyaient/Ecrits déchirés/Les mots me manquent/Mots à profusion/Fond et forme/L'art de combiner les sons/Passerelles de mots/Sous le couvert des mots /Ma voix résonne dans le désert!/C (Qu) antique/Mots creusés-creusets /Mots interdits /Mots /                       

       Motifs

     Leitmotiv/    

         Ombres

     Point de rencontre /Aboli bibelot /Portrait/  

         Images

     Images découpées/La dernière image de lui/ Autoportrait /  

          la lettre i

     Démolition/DESPERADO/Eperdument/  

           immense

     Un océan à traverser/Plans sur la comète, rêverie géante.../  

            improvisations

     Nécessité fait loi?/ Chevauchée fantastique/  

             invisibles frontières  

     Moi et/ou moi/Acrostiche/Du trajet au destin (tragédie?)/Elle ourlait le bord des précipices.../Incertains rivages/L'usine/Couloirs du temps/  

          itinéraires

     Rose des vents/Prendre le large/

18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 00:06

Notre maison était belle, je n'avais pas compris. Un vrai toit et de vrais murs, à l'intérieur une vraie vie. CHANTER était trompeur. Un I était tapi dans un pli de l'affiche que des hommes casqués avaient collée sur les parois de nos volets. Prêt à bondir pour nous mettre à l'Index. Insalubres, Indécents, Indignes, Indésirables...

Il manquait à notre famille une pièce maîtresse. Elle aurait empêché la maison de s'écrouler. J'avais vu les grues se comporter comme des machines de guerre. Entendu le bruit mat des boulets qu'elles avaient lancés en balançant leur long cou de girafes. Les trous s'élargissaient, des pans entiers de murs tombaient. Des rideaux de poussière s'élevaient des gravats en voilant les pièces éventrées. Un vide étrange apparaissait dans le sens vertical. Une fenêtre battait des ailes, encore accrochée à son support en chute. Je suspendais mon souffle, j'essayais de retenir la vie. Des engins munis de chenilles parachevaient l'aplatissement général...

Partager cet article

Repost0
18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 01:15

Le terrain vague était devenu un théâtre où je jouais sans être vue mes rôles préférés. Celui de la fille d'un roi ou de sa mère la reine du palais. Le roi mon père faisait de longs voyages afin de visiter tout son domaine. Il distribuait ses biens aux indigents qu'il rencontrait et revenait vêtu comme eux. Le jour de la démolition, il était rentré par hasard de l'un de ces périples, trop tard pour l'empêcher.

Les grues avaient fait dévier notre famille de la bonne trajectoire. Leurs coups nous avaient dispersés dans des lieux aux noms vagues. Centre, Pension, Foyer ou Gîte. On m'appelait "la Gitane" ou "Machine"...

 

Partager cet article

Repost0
7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 00:06

De la guerre, je ne connaissais que les démolitions. Rosana en savait plus long que moi mais refusait d'en dire plus. Elle résistait pied à pied aux expulsions et ne perdait du terrain que pas à pas. Les horaires qu'elle s'était fixés pour régler sa vie dans le métro étaient aussi rigoureux que ses calculs géométriques pour délimiter l'emplacement de son tabouret. Elle avait besoin que la vie soit régulière. Les voyageurs réguliers lui permettaient de se maintenir dans un cadre parallèle. Quand j'avais froid, j'allais me réchauffer au-dessus d'une bouche du métro. Son haleine sortait d'une grille. Les voyageurs munis d'un ticket et bien vêtus se laissaient volontairement avaler. Mais nous?

Partager cet article

Repost0
15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 00:06

Le Directeur du Centre de Retenue Provisoire me parlait. Derrière le dossier de son fauteuil, au-dessus de sa tête, une gravure représentait des vagues d'oiseaux blancs qui devenaient noirs, ou l'inverse. J'essayais de suivre leur trajet. Le cadre emprisonnait mon regard. Les formes mouvantes avançaient en s'effaçant comme de la craie. Elles laissaient apparaître le fond du tableau. Des réflexions vertigineuses m'entraînaient dans une sorte de gouffre. Les formes butaient contre un bord, réapparaissaient de l'autre côté. Blanches, noires. Noires, blanches. Indéfiniment. Leur mobilité était capturée. Je ressentais un étrange malaise. Le Directeur me parlait, je ne parvenais pas à l'écouter. Dans le bruit confus de ses phrases, je discernais seulement parfois des mots qui s'échappaient comme des bulles. "Ton père", "ta mère", "ton frère", "disparus", "cas", "placement", "retour", "où", "ou bien", "pour ton bien", "rien", "sage", "pays", "paysage"...

 

 

Partager cet article

Repost0
26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 00:26

L'Autre de moi-même n'était pas forcément triste. Je m'en apercevais quand je riais toute seule. Mon Autre avait la patience et la douceur, la colère et la violence des clowns. Je m'adressais à lui en attendant un sort meilleur. Entre les planches disjointes des palissades, nous regardions ensemble le monde extérieur. Il apparaissait strié, rayé. Les passants qui marchaient librement dans la rue ne voyaient pas ce treillage qui les fragmentait à leur insu. Notre point de vue permettait de deviner le spectre de la vie, son armature secrète, ses lignes de partage. Je voyais sans le voir, en même temps, un corps en mouvement barré par une lame de bois. Les barreaux se fondaient l'un en l'autre au rythme des marcheurs. Les façades des immeubles, bien ancrées dans le sol, montraient une continuité en tranches, qu'il était possible de suivre de fente en fente. Je poursuivais ainsi mes souvenirs, qui fuyaient en séries d'images découpées. Les mains devant les yeux pour mieux me concentrer, je tâchais de les fixer à travers les fentes de mes doigts écartés.

Partager cet article

Repost0
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 00:15

Par beau temps, le terrain vague survolé par le ciel bleu était une vaste étendue lisse qui faisait penser à une plage. Mon ombre se dessinait avec précision sur cette page de faux sable. Quand je restais immobile, je pensais qu'un enfant de géant aurait pu la découper. Je désirais le rencontrer. J'avais besoin de lui pour relever les ombres de ma vie ancienne. La machine à coudre de ma mère dans la cuisine côté rue. Ma place sur un tabouret à côté de la Singer. Au premier étage, dans la chambre, les rideaux bleu roi de la fenêtre et à l'extérieur, sous le cintre, un nid d'hirondelles blotti contre les briques. Plus haut, dans le grenier, un petit tambour suspendu à un vieux clou. Dans une remise de la cour, le vélo de mon père quand il passait nous voir en coup de vent...

Partager cet article

Repost0