Un souvenir surgissait parfois des mots comme un djinn d'une jarre, un souvenir imaginé, un oubli imaginaire... Le jeu de l'oubli dans l'écriture consistait à donner une forme à ces souvenirs blancs qui s'échappaient comme des fantômes...
J'avais logé ma main dans la sienne et nous étions parties par un beau samedi d'été. Mon coeur était au chaud. Marcher à ses côtés du même pas un peu lent et content, content de cette lenteur, était un bonheur rare car elle était presque toujours pressée. Je savourais le moment présent. Je savais déjà, par expérience, que sa plénitude avait un goût d'éternité, mais qu'il était éphémère, aussi beau et fragile que les petits papillons blancs qui volettent dans la lumière du mois d'août.
Le Dernier mot d'elle, éditions La Chambre d'échos.